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Une enquête commandée par l’Assemblée de Corse et destinée aux élèves provoque de multiples réactions. Certaines questions laissent entrevoir une volonté de rassembler des statistiques ethniques et confessionnelles.

 La diffusion est suspendue

Réaction d’A MANCA

A Manca s’indigne de la mise en œuvre d’un questionnaire sur la «diversité» émanant conjointement de lEcole Supérieur du Professorat et de l’Education (ESPE), de l’Université de Corse et de la CTC.

Ce questionnaire, destiné aux écoliers, collégiens et lycéens, doit donc avoir pour cadre de diffusion le milieu scolaire. Or, son contenu juxtapose dangereusement des questions relevant des pratiques linguistiques des élèves et de leur famille et des questions relatives aux pratiques religieuses de ces derniers. Si les questions linguistiques se justifient pleinement dans la logique d’un développement souhaité du bi-plurilinguisme (combat dont Pascal Ottavi et son équipe sont depuis de nombreuses années les fers de lance scientifiques), pourquoi les associer à des questions à caractère religieux aussi inacceptables que tendancieuses ? Est-ce à dire que l’on défend une vision traditionnaliste et caricaturale de la société dans laquelle langue et religion formeraient un tout bien uniforme, la panoplie du parfait petit chrétien, juif ou musulman ?

Après avoir évoqué les pratiques linguistiques de la question 25 à la question 50, en un curieux mélange des genres, on y interroge les élèves de la question 52 à la question 60 sur leur religion personnelle, celle des différents membres de leur famille, sur les obligations alimentaires qu’ils respectent ou pas, sur leurs pratiques alimentaires quotidiennes, sur les signes distinctifs à caractère religieux qu’ils portent ou non.

Disons-le clairement : il est inadmissible de collecter des données d’ordre confessionnel dans le cadre de l’école. Est-il besoin de rappeler à des responsables politiques, à des enseignants -chercheurs et à des formateurs l’importance de la valeur de laïcité qui laisse l’affirmation des croyances religieuses à la sphère privée afin de créer cohésion et lien social dans la sphère publique ?

De ce même cadre, -l’école-, les élus nationalistes en responsabilité à la CTC, n’ont cessé de dire par ailleurs de façon totalement contradictoire avec de telles démarches, que ce cadre est laïc et qu’il s’agit d’en protéger prioritairement le caractère laïc.

Ajoutons que la mise en œuvre de ce questionnaire intervient de surcroît dans un contexte insulaire très préoccupant de montée de la xénophobie et de multiplication des tensions, voire des incidents de tous ordres à caractère raciste. Si d’aucuns cherchaient à donner du grain à moudre à la facho sphère insulaire ou à jeter de l’huile sur le feu en attisant les crispations, ils ne sauraient mieux faire.

En outre, brandir comme justification à la démarche, comme objectif la volonté dite scientifique de « réaliser un état des lieux quantitatif pour évaluer l’importance de chacun des groupes culturels » présents en Corse, ne résiste pas à l’analyse.

Rien n’empêche qu’ une telle consultation (dans sa partie à caractère confessionnel) soit menée par des instituts et autres sondeurs spécialisés. Si des études scientifiques sont en cours ou même envisagées sur le multiculturalisme dans notre pays, c’est un point positif pour la connaissance de notre environnement. Toutefois, cela ne peut servir de prétexte pour justifier l’injustifiable.

Pour finir, s’il s’agit là de traiter la thématique de la citoyenneté et du vivre ensemble, le moins que l’on puisse dire c’est que le compte n’y est pas ; d’autres voies et moyens doivent être sont trouvés d’urgence.

A Manca

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