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Durant des années, sous le regard neutre, voire bienveillant des autorités de contrôle, le clanisme a dominé l’île… Combien de fois les nationalistes n’ont-ils pas demandé à l’Etat et à ses services de ne plus soutenir les clans, mais de les affaiblir en arrêtant de s’appuyer sur eux pour appliquer sa politique dans l’île.

Déjà en 83, le FLNC dans son « Processus de Décolonisation » demandait entre-autres revendications, une « opération mani puliti » avec des enquêtes sur l’utilisation des deniers publics, et certaines pratiques institutionnalisées dans les collectivités importantes de l’île, mais en vain, l’ennemi à abattre étaient les nationalistes corses et pour cela on fermait les yeux sur nombre de dérives, surtout en matière d’embauches et d’augmentation des charges d’embauche de personnels au détriment de l’investissement, et les services de contrôle de l’Etat et les pouvoirs publics laissaient faire, voire encourageaient. Et le système claniste puis clientéliste s’est perpétué depuis, tandis que l’Etat et ses services policiers et judiciaires faisait réprimaient les nationalistes qui contestaient le système…

En 84, arrivé à la CTC je découvris moi-même les pratiques de l’entente à trois, gauche-Droite-services de l’Etat s’agissant des recrutements à la CTC, (mais le système était partout, à l’exemple de la ville d’Ajaccio ou de Bastia) dès qu’un emploi ou un concours était de la compétence des élus, il y avait de facto un partage des embauches entre les candidats présentés par la gauche et les candidats présentés par la droite…Dès que la droite remplaçait la gauche ou vice-versa, les nouveaux élus s’empressaient de créer de nouveaux emplois, qu’ils faisaient pérenniser par la suite, durant leur mandature en augmentant les charges de personnels, l’investissement venant après… mais c’était la même politique dans toutes les collectivités, grandes ou petites… et le système claniste, puis clientéliste se régénérait, y compris souvent au gré des gouvernances avec des retours d’ascenseurs entre la droite et la gauche, ou des attitudes bienveillantes entre les uns et les autres au gré des dossiers.

L’arrivée des nationalistes dans les années 80 allait inciter à plus de prudence, mais minoritaires durant de longues années, et plutôt ostracisés, et réprimés, n’ayant souvent même pas accès aux informations, ils ne purent toujours que dénoncer dans le désert..

En décembre 2015, le système s’est effondré, les nationalistes n’ayant pas pu être éternellement exclus des responsabilités, alors l’Etat et ses services n’ayant pas d’autres choix, ont abandonné leurs relais clanistes/clientélistes..

Et l’on peut voir aujourd’hui nombre d’affaires de Corse « médiatisées » et montées en épingle (même si ces systèmes clientélistes existent dans nombre de Collectivités hexagonales, baignant dans un climat d’hypocrisie générale) et cela comme par hasard ne se produit qu’après l’arrivée des nationalistes, dans les institutions qui ont réussi contre vents et marées à devenir majoritaires, faisant exploser les systèmes de droite et de gauche dans l’île, obligeant de facto l’Etat et ses services à prendre acte que les clanistes ne pouvaient plus leur être d’un grand secours pour mener leur politique en Corse. La nouvelle situation a ainsi conduit, bon gré malgré, l’Etat et ses services à les abandonner, et même à sonner hallali, pour tenter de redorer son blason en Corse (et dans hexagone) en se donnant une virginité à peu de frais.

PETRU POGGIOLI (Site)

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