Produit CORSU E RIBELLU

X

En plaine orientale (Dans le Fium’orbu-Castellu-Oriente) et à Corti, les revendications sur la santé sont nombreuses et ce, depuis des années. Cette revendication d’un « droit à la santé pour tous », touche toute la Corse.

Hier le collectif des usagers « Pour un service d’accueil d’urgence et un scanner au CHI Corti-Tattò » organisait une manifestation dans la capitale historique de la Corse pour réclamer un service d’accueil d’urgence et l’installation d’un scanner au CHI Corti-Tattò.

Accompagné par le mouvement national, et près d’un millier de personnes (500 à 1000), avec en tête, les élus de l’Assemblée de Corse, le collectif avait dans un premier temps lancé une pétition (<-lien icipuis alerter les politiques pour finir par organiser une mobilisation hier à Corti.

(Alta Frequenza) (Corse Matin) (Corse Net Infos) (France 3 Corse)


Les appels

Ghjuventù Paolina appelle l’ensemble de ses membres et sympathisants à répondre à l’appel du collectif des usagers « Pour un service d’accueil d’urgence et un scanner au CHI Corte-Tattone » qui organise une manifestation ce mercredi 15 mars 2017 à 14 heures, place Paoli. Le CHI de Corte-Tattone étant le seul à même d’hospitaliser de manière urgente les usagers du centre Corse, et se situant dans une ville étudiante qui tend à se développer et à accueillir de plus en plus de jeunes, il est primordial qu’un centre d’urgence ainsi qu’un scanner soient mis à leur disposition afin de pouvoir parer aux éventuelles urgences et examens basiques. Strada diritta è core in fronte.


A Cunsulta di a Ghjuventù Corsa serà à fiancu à u cullettivu « Pour un service d’accueil d’urgence et un scanner au CHI Corte-Tattone » chì urganizeghja una manifestazione stu dopu meziornu à 2 ore.
L’appuntamentu serà davant’à a Piazza Paoli in Corti.
Chjamemu l’inseme di e personne chì anu a pussibilità di vene à mubilizà si à fianc’à u cullettivu.


A Ghjuventù Indipendentista appelle l’ensemble des étudiants à participer à la manifestation organisée par le collectif des usagers « pour un Service d’Accueil d’Urgence et un scanner au CHI Corti Tattò » mercredi 15 mars à 14h au départ de la Place Paoli. Il est inconcevable que les infrastructures médicales en Centre Corse ne permettent pas de fournir un service sanitaire de qualité sachant que Corte abrite 4500 étudiants en plus de ses 7300 habitants. Cette absence d’équipement médical et la non possibilité d’assurer la sécurité de la population en cas d’urgence est significative de la politique menée par la France depuis de trop nombreuses années déjà. Non content de supprimer des dotations d’horaire globale en langue Corse au collège de Pitretu, voilà que le gouvernement laisse peu à peu la Corse se transformer en désert médical, préférant allouer des fonds considérables aux forces de répression présentent en Corse qui s’acharnent à l’encontre de la jeunesse de ce pays. A l’heure où la présidentielle française et les élections législatives se profilent, les électeurs Corses sauront apprécier le traitement que leur inflige la caste de politiciens de profession plus soucieux de préserver leur pouvoir et leurs privilèges que de veiller au bien-être des populations dont ils sont censés être les représentants. Nous rappelons qu’à l’heure où l’on tente de museler la jeunesse, il est primordial de descendre dans la rue et de réaffirmer que la Santé et l’Éducation sont au cœur du projet de construction de la Corse libre et indépendante à laquelle nous aspirons. A nostra cuscenza hè resistenza ! Ghjuventù Indipendentista


Corse : SOS Médecins !

Dans un édito, Edmond Simeoni et François Agostini, tout deux Médecins, expliquent le problème récurant de la santé en Corse.

Le voici (il est à lire sur ce lien) :

« Périodiquement la presse se fait l’echo des inquiétudes de certains villages ou micro régions, confrontés à l’absence lourdement préjudiciable d’un médecin à demeure. Certes, ce problème s’inscrit dans le retard de développement de la ruralité qui appelle un diagnostic global partagé et la recherche de solutions adaptées, avec un calendrier. Ce qui est encourageant c’est que l’Etat semble avoir enfin compris cette problématique et l’Europe elle-même commence à emprunter ce chemin salvateur.

Le problème de la désertification médicale est grave ; on le retrouve d’ailleurs notamment dans l’hexagone. Des dizaines de milliers de Corses vivent dans la ruralité, un monde difficile qui n’a cessé de décliner depuis plus de deux siècles et dont les causes, connues, sont multiples. Par exemple l’émigration corse à Porto Rico – population provenant essentiellement de la Haute Corse et surtout du Cap Corse – se situe au XIX siècle, essentiellement pour des raisons économiques. La déprise rurale, sévère, n’a cessé de s’amplifier ensuite, faute de développement.

Certes la saignée de la guerre de 14/18 – 13 000 morts- a emporté des hommes jeunes et des géniteurs potentiels. Les Corses ont émigré en masse et de manière continue, puisque ils étaient plus de 300 000, en 1914, dans l’île et la population a chuté à 200 000 habitants en 1950. La Corse était pauvre et désertifiée.

Ils sont partis en France continentale, dans les défuntes colonies et dans la fonction publique métropolitaine et coloniale. Puis progressivement la démographie insulaire s’est améliorée depuis 30 ans, essentiellement, par l’arrivée de nouvelles populations. Aujourd’hui l’île compte 320.000 habitants.

Les conditions de vie dans la Corse rurale profonde – on ne parle pas de la frange littorale et côtière- sont particulièrement difficiles, faute d’emplois, d’un service public qui s’anémie, notamment les écoles, vitales, qui ferment et l’Education nationale tente de compenser le déficit par une politique de regroupements pédagogiques ; certaines microrégions, comme le Fiumorbu, l’Alta Rocca, le Niolu, le Centre corse etc pâtissent de l’insuffisance des structures et des moyens dans différents domaines. Malgré les efforts importants consentis par les Conseils généraux, la CTC et aussi l’Etat, le déficit reste majeur et tout particulièrement dans le domaine médical. Il s’agit d’une lacune particulièrement grave, rédhibitoire parce qu’elle touche à la sécurité des personnes, souvent très âgées ; en dépit du corps médical très dévoué, des services d’urgences, des pompiers, des ambulanciers… mobilisés en permanence.

L’amélioration des services d’urgence et des évacuations, les progrès importants de la télémédecine ne peuvent suppléer l’absence de médecins. Le développement des maisons médicales de santé – une démarche importante initiée par le Docteur François Agostini de Calinzana, ouverte en 2014, première en Corse et amplifiée par d’autres installations et projets – ne pourra pas pallier l’absence physique de médecins.

L’hypothèque en l’état est préjudiciable et la presse se fait régulièrement l’écho des inquiétudes de certains villages, désespérés, faute de médecins, malgré les larges incitations consenties par les collectivités locales. Aujourd’hui, les choix ont été faits à la CTC, avec le concours de l’Union Européenne et de l’Etat, pour réanimer, développer la ruralité, les massifs, la montagne ; il faut donner la priorité à un effort concerté, organisé, rationnel pour pourvoir, notamment en médecins, tous les villages qui en ont un besoin absolu ; ne pas traiter cette donnée exposerait à de sérieux mécomptes.

Je pense qu’il faut continuer à sensibiliser et à mobiliser tout le corps médical et paramédical, les Conseils de l’Ordre, toutes les forces vives de l’île et de la diaspora, l’Université de Corse ( 1ère année de médecine) tous les élus, l’Etat naturellement, les associations et organisations sanitaires, sociales et syndicales ; ceci dans le but de construire et de mettre en application très vite un schéma salvateur – analyse de la situation, recensement des villages ou des cantons en souffrance dans ce domaine – ; et formaliser le protocole de solutions de recherche de médecins puis enfin de concrétiser les décisions collégialement choisies.

Edmond Simeoni
Spécialiste de Gastro-entérologie

Docteur François Agostini
Médecin généraliste