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Dans sa recherche de parrainages, Oscar Manutahi Temaru, maire de Faa’a et ancien président de la Polynésie française, a envoyé un courrier aux élus du Pays Basque. L’élu de Polynésie, adversaire politique de Gaston Flosse, avait annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle.

« L’indépendance comme objectif »

Dans son courrier, il plante dès le départ le terrain politique sur lequel il se positionne et s’affirme indépendantiste. Il promet à ses compatriotes que, s’il obtient en Polynésie « une majorité non équivoque au premier tour », il portera ce résultat à l’ONU et procédera « à l’auto-proclamation de notre Souveraineté ». Oscar Manutahi Temaru, entré en politique en 1977, assure à ses futurs parrains d’être « le fidèle porte-parole des aspirations propres » à chaque territoire. A ce jour, il comptabilise 465 promesses de parrainage dans 18 départements et collectivités. Le dépôt officiel des parrainages auprès du Conseil constitutionnel démarre le 23 février et se termine le 17 mars à 18 heures. (source Mediabask)

Quel est le sens de votre candidature ?

O. T. : Je sais parfaitement que je ne serai pas élu président de la République française et d’ailleurs je ne le souhaite pas. Mon but est d’obtenir en Polynésie une majorité au premier tour, de porter ce résultat à l’ONU et de procéder à l’auto-proclamation de notre souveraineté. Ce scrutin, si je le gagne en Polynésie, aura valeur de référendum d’autodétermination. (lire l’article complet sur Mediabask)



Oscar Temaru: « De droite ou de gauche, l’Etat français reste colonial »

Février 2017, répondant à l’invitation de son comité de soutien breton, Oscar Temaru, indépendantiste polynésien du Tavini Huira’atira et candidat à l’élection présidentielle, a rencontré des membres du collectif Douar Didoull ainsi que la maire de Loc Envel, Virginie Doyen, au café du bourg de cette petite commune de 90 âmes. Ensemble, ils ont échangé sur les projets miniers portés par Variscan. Une problématique à laquelle est particulièrement sensible Oscar Temaru, dont le pays a subi l’exploitation du phosphate pendant 40 ans. L’édile polynésien s’est ensuite rendu à Guingamp, où il a rencontré des représentants du collectif 44 = Breizh, avec qui il a évoqué la question de l’unité de la Bretagne.

Le candidat indépendantiste Polynésien et maire de Fa’a, Oscar Temaru, était en Bretagne samedi 18 février dans le cadre de sa campagne présidentielle. En effet, son parti le Tavini Huiratira veut profiter de cette échéance pour tenter de gagner la majorité des suffrages lors de cette élection en Polynésie et ainsi entamer un processus de création d’un état souverain. Il explique ainsi sa démarche : « Le 17 mai 2013 nous avons franchi une nouvelle étape dans l’histoire de la décolonisation de la Polynésie française. L’ONU a adopté la résolution 67/265 qui réinscrit Mä’ohi nui sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser d’où elle avait été retirée illégalement et unilatéralement à la demande de l’État français en 1963 alors qu’elle figurait dans la liste initiale établie en 1946. Aujourd’hui, je souhaite me présenter aux élections présidentielles de 2017 afin de faire connaître mon Pays, mon Peuple et notre Histoire passée et contemporaine aux français du monde entier. Je souhaite colorer cette élection d’un visage nouveau, celui d’un ultra-marin engagé, celui d’un Polynésien, d’un Maohi déterminé dans sa lutte pour la décolonisation et pour la démocratie ». Comme nous, il affirme donc le caractère plurinational de l’état français et précise : «Les problématiques de Mä’ohi nui sont également présentes dans d’autres régions ou territoires français. A des degrés divers, de la Corse à la Martinique en passant par l’Occitanie ou la Bretagne, des populations insoumises au jacobinisme, ou des Peuples sans État aspirent à plus d’autonomie ou à l’indépendance. Avec tous ceux-là je veux travailler pour faire entendre notre voix ! ».



En août 2016, Oscar Temaru, leader des indépendantistes polynésiens, était en visite en Corse où il a été reçu par Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les présidents de l’Exécutif et de l’Assemblée de Corse dans un premier temps, puis par différents maires, dont celui de Bastia Pierre Savelli. Une visite en Corse qui avait aussi et surtout pour but de récolter une partie des cinq cents parrainages nécessaires à la validation de sa candidature pour l’élection présidentielle où il souhaite porter le cas de la Polynésie sur le devant de la scène, mais aussi de tous les peuples en lutte pour leur souveraineté. L’autre combat d’Oscar Temaru, c’est le désarmement nucléaire. Il participe à de nombreuses conférences internationales sur ce thème et travaille à l’élaboration d’une éventuelle procédure judiciaire contre la France au niveau international pour crime contre l’humanité, en raison des expérimentations nucléaires réalisées en Polynésie française.

De part sa visite en Corse, il a été possible en octobre 2016 de porter la voix de la Corse à l’ONU.

Voici l’intervention de Sébastien Quenot, interrompue par le président de séance.

« Polynésie : un territoire à décoloniser »

Inscrite en 1947, puis retirée de façon irrégulière de la liste des territoires à décoloniser, la Polynésie a obtenu sa réinscription en 2013, devenant ainsi le 17e territoire non-autonome reconnu par l’Assemblée générale des Nations Unies, aux côtés notamment de la Nouvelle-Calédonie.

“Notre pays y était (ndlr, sur la liste). Nous avons été retirés de cette liste de façon unilatérale en 1947. Il n’y a pas eu de négociations, il n’y a pas eu d’élections. C’est comme pour la Nouvelle-Calédonie”

“Nous avons décidé que ce n’était pas ce que nous voulons (…) Les ‘Accords de Papeete’, nous n’en voulons pas. Nous avons déjà un statut d’autonomie, un contrat de projets. Je pense qu’il faut changer tout ça. Il y a des réformes à faire dans notre pays. C’est ce qu’on va faire. Dans notre résolution, nous demandons la réinscription de notre pays, que l’on mette en place les ‘Accords de coopération’, que la France nous accompagne, comme elle en a le devoir, si on parle de cette mission sacrée d’aider tous les peuples à se prendre en charge (…) Nous revendiquons ce qui fait l’essence même de la mise en place des Nations Unies: le droit sacré d’autodétermination”

En août 2011, Le Tavini Huiraatira convié aux 30e Journées internationales de Corte

C’est l’ancien ministre de la pêche, et membre du Tavini Huiraatira, Keitapu Maamaatuaiahutapu qui représentait le parti indépendantiste d’Oscar Temaru aux Journées internationales de Corte.

Le Tavini expliquait participer à ces Journées pour « apporter son soutien aux 2 partis indépendantistes corses qui ont obtenu plus de 35% des voix en 2011 et pour suivre l’évolution des possibilités qui s’offrent à lui pour faire aboutir son idéal de démocratie ».

Pour le parti d’Oscar Temaru, il s’agissait de protester contre le « mépris » affiché par « l’Etat UMP » à son encontre, mépris qui s’était exprimé selon le parti dans les modes de scrutin « mis en place pour avantager le mouvement autonomiste en 2004, 2008 et 2011, ainsi que dans le « non respect de ses responsabilités sanitaires, économiques et sociales après 30 années d’expériences nucléaires dans notre pays » .

Le parti rappellait toutefois qu’il a toujours choisi la voie « du dialogue et de la paix pour atteindre son but« , c’est-à-dire l’indépendance.

  • Keitapu Maamaatuaiahitapu, ancien ministre de la mer du gouvernement polynésien, représente le parti indépendantiste de Tahiti , Tavini. Distance oblige, ce n’est que la seconde fois que son mouvement vient à Corti. Il indique bien les limites du statut d’autonomie actuel de son pays. De nombreuses dispositions de son Assemblée territoriale sont ignorées par l’Etat. Une loi organique vient récemment d’être votée au Parlement français, en ignorant le pouvoir polynésien. Selon lui les choses sont simples :«Dans ma maison je suis le seul maître. » Il manifeste sa solidarité, « Nous ne sommes pas les seuls sous la domination française. La dernière fois que le suis allé au Pays basque, on m’a traité de terroristes. Je suis donc fier d’être ici avec d’autres terroristes !».

Pour Oscar Temaru, l’état français reste colonial...

quelques articles ici sur Oscar Temaru (<– Lien ici) et sur Tahiti (<–lien ici)